Le Canada et le Québec en particulier, voit la pratique du fatbike grossir d’année en année. Si le marché stagne en France et voit le retrait de certaines marques sur ce type de vélo tout terrain, ce n’est pas le cas outre-atlantique où ce sport grandit toujours, et surtout, les stations et sites de pratique se font de plus en plus nombreux. Un exemple simple : un magasin de vélo sur une ville de moins de 20 000 habitants dans la région du Lac St Jean, a vendu 300 fatbikes pour le seul hiver 2017/2018 !! De quoi faire rêver bien des vélocistes ! Rajoutez à cela les investissements des sites sportifs, la vente d’équipements spécifiques, les compétitions, cet engouement génère une dynamique économique intéressante. Les atouts du fat sont réels, il reste facile à pratiquer, ludique et surtout, il séduit les cyclistes classiques qui n’ont pas à couper leur saison trop longtemps lors de l’hiver canadien et préfèrent pratiquer en pleine nature plutôt que sur le home-trainer dans leur garage, la transition et la reprise du vélo à la fin du long hiver en est donc facilitée. Bien sûr, la pratique a un coût, certains lieux qui créent et entretiennent des sentiers spécifiques (et c’est beaucoup de travail), ont des forfaits payants pour la pratique sur site. Partir une semaine dans une des patries du Fatbike pour le vivre et le comprendre fut un des buts de notre voyage.

La Traversée du lac St jean reste une belle course que nous vous avons fait découvrir sur le mag Endorphinmag en mars 2015 et 2016. Cette année, le but était de monter un groupe pour partager cette belle expérience. Pour cela, rien de plus simple : activer ses contacts, faire l’ébauche d’un programme, une vague idée du budget et créer une page facebook (Fat & Binouz’ qui deviendra très récemment Frozen Racers). Le projet est présenté sur les réseaux sociaux et sur la page Facebook Fatbikes France.
De nombreuses personnes intéressées se sont manifestées pour au final, former un petit groupe de 6 vététistes qui se sont retrouvées à l’aéroport Montpellier, ainsi que 2 vidéastes qui avaient accepté de suivre cette aventure givrée.
Une fois au Québec, nous sommes pris en compte par l’agence Equinox Aventure et par le boss himself, Hugues Ouellet, personnage très pro et sympathique, rôdé à l’accompagnement des groupes de presse et voyageurs aventureux.

Simon (vidéaste France ô) taquiné par un loup arctique lors de la séquence "contact avec les loups".

Nous avions établis un programme à la carte et itinérant, de découverte des sites de fatbike, sortie raquette sur un site privé  (fermé l’hiver au tourisme) sur la rivière Métabetchouane jusqu’aux Trois Chutes et Trou de la Fée, une nuit au milieu du lac St Jean, des ateliers « grand froid » et le must de la semaine, mis à part le course, la rencontre inoubliable avec les loups à Girardville (Aventuraid).
Les sorties fatbike furent une découverte pour la majorité du groupe qui découvrait ce vélo aux roues surdimensionnées et la semaine « d’apprentissage » permit de rouler sur tous types de neiges, permettant d’apprendre à peu près à gérer le pilotage et surtout les pressions de pneus. Au fil des kilomètres et des rencontres, le groupe a pris confiance et a pleinement apprécié ce type de vélo. Les apprentis Frozen Racers ont également pu améliorer leur façon de s’habiller pour ce type d’effort par grand froid.

Deux jours avant la course, une traversée du lac est programmée et nous nous joignons au premier jour de l’organisation qui propose 3 jours de Traversées. Les 2 premiers jours prévoient des Traversées en mode randonnée et Challenge Entreprises. Ce jour-là, les conditions étaient très difficiles, la neige molle rendait la progression lente et pénible, inquiétant le groupe pour la compétition à venir le samedi. En effet, sur 60 partants, seuls 7 bikers franchiront la ligne d’arrivée.

C’est ce jeudi que nous avions prévu de dormir sur le lac. Hugues, d’Equinox Aventure, avait monté le camp dans la journée et nous nous retrouvons dans un lieu magique, ou sur 360°, nous voyons une surface de neige à l’infini. Le ressenti est sensationnel et nous nous extasions devant ce paysage et ces grands espaces que nous offre cette région du Lac St Jean.
Le vendredi est consacré au repos, shopping et spas extérieurs. Thierry et Simon, les caméramans, profitent du break pour travailler sur leurs images et faire les ITW de l’équipe. Les vélos sont préparés pour la course et les derniers détails sont affinés.

Thierry, photographe vidéaste sur la tournée des frenchies - Glob Editions -.
Simon, Riding Zone - France ô - craque sur la séance guimauve avec un feu sur la glace et une T° de -15° C le soir du bivouac sur le lac.

Le jour de la compétition s’annonce beau mais froid. Pour « froid », il faut lire – 20 à – 28° C et les températures vont à peine réchauffer dans l’après-midi, soit après la course. Mais ces températures sont une bonne nouvelle, elles sont garantes d’une neige dure.
Les fatbikers ou fatteux se rassemblent à l’Hôtel Château Roberval pour déjeuner, se préparer, puis descendre en convoi sur le lac. Les premiers kilomètres dans Roberval donnent une première idée de la température glaciale qui règne sur les rives du lac.
Après quelques tours de roues et un échauffement collectif en musique sur la ligne de départ, le bag retenti et la course démarre. Bien évidemment, le rythme est tout autre que sur la rando du jeudi mais la neige est très bonne et les 32 kilomètres de la Traversée se feront à bonne allure. Malgré l’effort et la concentration du pilotage, nous prendrons le plaisir de regarder à gauche et à droite, pour avoir cette sensation et ces instants uniques, cette prise de vue géniale, d’être sur une immensité blanche qui paraît sans fin.
C’est sur ces moments que nous confirmons que David Lecointre, le pionnier et organisateur de la course, a vraiment eu une idée de barge, mais tellement originale.

C’est presque avec regrets que nous apercevons les rives du lac et l’arrivée, à Péribonka, que tout le groupe des français atteindra, pour se voir remettre la médaille de la Traversée. Tous heureux d’avoir réussi. Elodie Alinat, une des féminine du groupe, finira même troisième féminine sur la compétition, derrière 2 filles de haut niveau de la sélection canadienne et ce, malgré un vélo de location et un équipement basique. Elle a étonné les filles du peloton qui l’ont vu déboîter « avec son sac à dos et ses bottes Soler caribou » (lol). Nous fûmes heureux et fiers d‘avoir pu hisser un drapeau français sur un podium ! Bravo Elodie !
C’est heureux d’avoir réussi le challenge et triste que la semaine givrée s’achève que nous rejoindrons notre hôtel. Nous rentrerons avec de beaux souvenirs et de belles émotions, procurées par ces grands espaces et cet accueil si particulier et si chaleureux que nous réservent les Québecois.

Une belle troisième place pour Elodie.

Si l’aventure vous tente, un seul mot : Foncez !
A noter, le dimanche 11 mars (replay possible), l’émission Riding Zone sur France ô, propose un reportage de 15 minutes sur la semaine des « Français ».
Un film plus long, comprenant toutes les activités est en cours de montage, vous serez avertis via la page facebook endorphinmag.
 A surveiller, le magazine VSD doit éditer quelques pages sur l’évènement avec de belles photos.


https://velosurlac.com/
http://www.equinoxaventure.ca/

Merci à Vaude pour leurs équipements performants pour le fatbike et le grand froid.

Merci à Urge Bike Products pour avoir équipé le team avec les casques urge au design sympa pour la French Touch.

Merci à Owayo pour la série très limitée des maillots manches longues withspirit.fr

C'est avec un grand plaisir que nous retournons courir les 24H VTT de Finale Ligure, après une première expérience en 2014. L'organisation ayant obtenu les championnats d'Europe cette année ajoute une petite motivation supplémentaire.

Nous sommes 5 teamers alignés au départ, soit 3 solos et une équipe mixte. Un petit regret tout de même, notre duo sera le seul duo mixte de l'épreuve et il devront se "bagarrer" uniquement avec des duos hommes.

Nous trouvons un emplacement sur le circuit où nous installons la tente 3x3, à l'ombre et à l'abri du vent, ou encore des averses occasionnelles. Arrivés en avance, Sébastien et Patrick effectuent une première reconnaissance du parcours, idem au tracé de l'année précédente.

Après une nuit sous la tente, nous débutons tôt notre préparation, petit déjeuner, habillage et installation de notre stand car nous n'avons pas d'assistant dédié, nous ferons tout nous même lors des arrêts au stand. Nous effectuons une reconnaissance du circuit de 8 km pour 200 m de dénivelée positive par tour. Tout comme l'an dernier, le circuit est technique et exigeant, avec des "coups de cul" qui intimident quand on sait qu'on va devoir les "escalader" pendant 24H, à chaque tour...

 

Nous rejoignons à 11H00 le briefing avant de rejoindre le site du départ, le village de Noli, à plus de 400 m en contrebas, en bord de mer. Coup de blues pour Sébastien, qui, sur la ligne de départ, s'aperçoit que sa durite de frein arrière est arrachée, il va devoir s'arrêter de suite au workshop installé sur le circuit.

Une fois l'appel effectué, le départ est donné et plus de 250 coureurs s'élancent dans le village pour peu après, entâmer la côte par un sentier qui monte quasiment tout droit dans le pentu, avec un très fort pourcentage qui calme rapidement les ardeurs ;-)

Les tours s'enchaînent, les relais également pour les duos. Il fait rapidement très chaud, les organismes sont mis à rude épreuve.

Le parcours ne laisse aucun répit, les descentes sont techniques, secouent le pilote et la concentration doit être optimale.  Etant 4 teamers en permanence sur le circuit, nous nous voyons rarement et au cours des 24H, nous nous voyons surtout au campement lors des arrêts.

Patrick devra effectuer un "pit stop" pour tâcher de régler son dérailleur; les vitesses ne tiennent pas en place, le pédalage est saccadé et des crampes le taquinent au bout de 3 heures seulement :-(

Après avoir avalé de nombreux kilomètres, mangé beaucoup de poussière mais aussi les repas Team Energie, c'est les jambes déjà douloureuses et les triceps meurtris que nous attaquons la nuit, équipés de nos lampes Lupine.

Le moral est mis à rude épreuve, boucle difficile et exigeante, difficile de repartir après les "stop" pendant lesquels on s'alimente, il fait vite froid à peine arrêtés.

Julien et Alexandra sont très bien placés et taquinent les duo masculins et essaient d'intégrer le top 10.

Sébastien et Patrick poursuivent leur longue chevauchée solitaire jusqu'au bout de la nuit.

Christophe, peu entraîné, stoppera l'effort pour passer une bonne nuit sous la tente et nous boostera le moral en nous emmenant des croissants pour le stop du matin.

Les derniers tours se font péniblement et il faut aller chercher la motivation. La méchante côte finale se fait à pied pour quasiment tout le monde dans les derniers tours.

Midi arrive et la course s'achève. Déjà, la deuxième journée, avec les équipes de 6 et 8 coureurs, se met bruyamment en place, le site grouille de bikers et le village est en effervescence.

Nous faisons de bons résultat avec Sébastien (230 km et 5400 m D+) et Patrick (240 km et 6000 m D+) qui font un top 15 dans leur catégorie respective en solo et notre formidable duo mixte avec Alexandra et Julien qui décroche une belle 11ème place parmi les duos "hommes".

La matinée sera difficile, finir la course, souffler puis démonter le camp, charger les voiture puis attaquer une autre épreuve, le long retour en voiture.

Nous terminons les impératifs administratifs de fin de course et nous retrouvons devant une bonne assiette de pâtes, après avoir chassé la poussière de nos gosiers avec une bonne mousse.

A noter la rencontre avec Patrick Gouard, un quinqu'affûté qui a décroché une belle 5ème place dans sa catégorie et qui nous a tous "tordu" ;-)

Il sera en octobre avec "notre" Sébastien en Californie pour les championnats du monde 24H solo (WEMBO) que nous vous relaterons ici.

Gla Gla Race - SUP Longue Distance  - Lac d'Annecy

La "Gla Gla", une course atypique de stand up paddle organisée sur le lac d'Annecy, à Talloires, quoi de plus sympa et original pour donner le départ de la saison SUP pour le Team Endurace.

Le déplacement depuis Montpellier est un peu long, et la planche sur les barres de toit de la voiture, par fort mistral entre Nîmes et Valence, ça reste un peu stressant.

Accueilli par les potes du team Julien et Christophe à Grenoble, une grosse partie de la mise en place est effectuée la veille, pour me permettre de courir dans de bonnes conditions le samedi.

Nous arrivons sur la plage de Talloires où règne une bonne ambiance. Le paysage est superbe, malgré le froid (3°C) et les nuages couvrant les sommets alentour.

Inscription bouclée, je me change pour la course, adoptant la tenue habituelle avec laquelle je m'entraîne à Palavas avec des conditions équivalentes (combi Aqua Design Holy Joe 2/3 mm, chaussettes Aqua Design NUB, chaussons néo et mitaines Aqua Design Summer). Une particularité cependant, le règlement de la course impose le port d'un gilet de sauvetage, je fais le choix de porter un Hiko Stamina, me permettant de transporter ma poche à eau, dans laquelle je met un thé bouillant, chauffé avec des rondelles de gingembre et sucré au miel.

La planche Redwoodpaddle Stinger est mise à l'eau pour un petit tour d'échauffement. Un beau moment où je m'éloigne un peu de la plage remuante de monde pour profiter du calme et du paysage grandiose sur les eaux calmes et transparentes du plan d'eau.

 

Arrive l'heure du briefing d'avant course et la tension qui monte un peu. Beaucoup d'inconnu sur ce type de course. Suis je assez échauffé, comment partir, vais je tenir à donf toute la distance, vais je me vautrer dans la mélée du départ ? ;-)

Le signal se fait attendre pour lâcher le troupeau, j'ai les mains frigorifiées.

C'est parti !! Fada, ça démarre comme un cross de 8 kil, à donf ! Je donne quelques coups de pagaie, relève la tête et j'aperçois déjà quelques racers se plaçant en tête, ayant couvert 2 fois plus de distance que moi !

Ca bouge beaucoup, il y a du bouillon sur le lac, je peine à me mettre en route réellement, souvent déséquilibré, je ne suis pas concentré sur ma recherche de vitesse et l'application du coup de pagaie.

 

J'arrive enfin, au bout de 400 m, à prendre une vitesse de croisière. Au bout d'un kilomètre, le soleil perce et je cuis dans ma combi ! Heureusement, le ciel se couvre à nouveau et mon corps ralenti sa sudation. Je prends en point de mire le peloton de tête et entre les deux premières bouées, je double 2 concurrents. Arrive la deuxième bouée que je prends assez large, n'étant pas doué pour les virages, avec une piètre technique, je préfère assurer. Sur la grande section de traversée, je maintiens le retard constant sur les gars de devant. Ils sont malgré tout trop loin, il ne s'agit plus de grapiller devant, mais éviter que derrière, ça revienne ;-)

Au bout d'une heure de course, je commence à peiner. Ici, sur lac, pas question de ralentir le rythme ou la cadence, pas de petit vague à surfer, rien qui pousse au cul. Mais je m'accroche, j'essaie de me convaincre que les entraînements avec du gros vent à Palavas sont plus durs, je pense à "Jo coach" dès que je me désunis pour me reprendre à nouveau sur la gestuelle, avec un coach virtuel qui me tarte si je ne m'applique pas ;-) Je pense à mes copains de virées du club de Palavas et à mes potes du team sur la ligne d'arrivée sur la dernière ligne droite, je ne dois rien lâcher. Mes pulsations cardiaques ne sont pas à donf mais je suis au taquet du haut du corps.

Un dernier virage et j'aperçois l'arrivée. Pas mécontent de voir les bouées. J'aurais maintenu l'écart avec les riders de devant, je perds tout de même encore un peu de temps sur le turn de la dernière bouée. Je passe avec bonheur la ligne d'arrivée, pas mécontent de ma course et conscient du travail restant à accomplir. Beaucoup de travail musculaire, et oui, on ne s'improvise pas Racer SUPer, surtout si on est VTTiste ou trailer, bref, à bosser tout le temps sur les cannes...

Outre le travail du haut du corps, grosses lacunes en technique, en endurance, technique de virage inexistante, départ hésitant, pfff, il faudra prévoir encore beaucoup d'heures sur l'eau !

Les résultats arrivent, je me classe 15ème au scratch et 3ème en planche de 14", les 2 premiers sont des Suisses. Assez satisfait pour une première expérience en course et 3 mois de pratique de SUP. Je retiendrai la beauté du site, l'ambiance et une bonne organisation. J'ai maintenant un temps de référence, une vitesse de croisière sur cette distance, des sensations et l'envie de mieux faire. J'attends une nouvelle board chez Redwoodpaddle, une 14 " toujours, mais plus typée flat water. Je m'alignerai désormais avec une planche plus spécifique donc sur la prochaine course de ce style.

J'ai eu le plaisir aussi de rencontrer des ami(e)s facebook sur cet évènement et c'était vraiment cool. Un bon petit samedi avec les potes du team, une course originale, une bonne bourrinante et même quelques rayons de soleil !

Le rendez-vous est pris pour 2016 !!

classement Gla Gla 2015

Un grand merci à mes partenaires, Redwoodpaddle, Select Paddle, Aqua Design, Vaude, withspirit.fr pour leur soutien.

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© Patrick Lamarre